Transmettre est une responsabilité
Aujourd'hui, dans de nombreux métiers, la pression de la rentabilité, de la productivité et de l'efficacité immédiate prend de plus en plus de place.
Nous voulons aller toujours plus vite. Nous voulons des résultats immédiats. Nous attendons des jeunes qu'ils soient compétents dès leur arrivée dans le monde professionnel.
À force de vouloir gagner du temps, nous risquons de perdre quelque chose de bien plus précieux : la transmission du savoir, de l'expérience et des valeurs du travail.
Mais comment peuvent-ils acquérir de l'expérience si nous ne prenons plus le temps de la leur transmettre ?
Face à la pression de la rentabilité et de la productivité
Dans cette course à la productivité, ne sommes-nous pas en train d'oublier les talents et les dons naturels que possèdent nos jeunes ? Chaque jeune possède des capacités, une sensibilité, une intelligence et des aptitudes qui lui sont propres. Certains sont habiles de leurs mains, d'autres ont le sens du contact, de la créativité, de l'organisation ou de la technique.
Pourtant, à force de vouloir faire entrer tout le monde dans les mêmes critères de performance, nous risquons de passer à côté de véritables talents.
Un jeune qui apprend lentement n'est pas nécessairement un jeune sans talent. C'est parfois simplement un jeune à qui personne n'a encore donné le temps de découvrir et de développer ses capacités.
La Bible nous rappelle cette vérité :
1 Pierre 4:10
« Comme de bons dispensateurs des diverses grâces de Dieu, que chacun de vous mette au service des autres le don qu'il a reçu. »
Ce passage parle avant tout des dons reçus de Dieu pour servir les autres. Mais il nous invite également à réfléchir à la valeur de ce que chacun peut apporter.
Former un jeune, ce n'est donc pas seulement lui apprendre à être rentable ou productif.
C'est aussi découvrir ce qu'il porte en lui, reconnaître ses aptitudes, encourager ses talents et lui permettre de les développer.
Car un bon formateur ne cherche pas uniquement à obtenir des résultats. Il cherche aussi à faire grandir une personne.
Et si, à force de vouloir produire toujours davantage, nous avions oublié que notre première richesse reste l'être humain ?
Un seul corps, mais des membres aux fonctions différentes
1 Corinthiens 12:14-18
« Ainsi le corps n'est pas un seul membre, mais il est formé de plusieurs membres. [...] Maintenant Dieu a placé chacun des membres dans le corps comme il a voulu. »
Paul nous rappelle que chaque membre du corps possède une fonction particulière et que tous sont nécessaires.
La main n'a pas besoin de devenir un pied, pas plus que l'œil n'a besoin de devenir une oreille. Chacun possède sa place, sa fonction et son utilité.
Reconnaître les talents naturels et spirituels
Ce passage concerne avant tout l'Église, mais il nous enseigne également un principe précieux que nous pouvons appliquer à la formation professionnelle.
Tous les jeunes ne possèdent pas les mêmes aptitudes.
Certains sont naturellement doués pour les travaux manuels, d'autres pour la mécanique, l'informatique, les relations humaines, la création ou l'organisation.
Pourtant, dans notre société où la rentabilité et la productivité prennent parfois le dessus, nous avons tendance à vouloir former tout le monde de la même manière, au même rythme et selon les mêmes critères.
Mais pourquoi vouloir faire de chaque jeune la copie d'un autre, alors que la Bible nous enseigne précisément la richesse de la diversité des dons ?
Former, c'est aussi découvrir et développer les capacités de chacun
Un bon formateur ne devrait pas seulement chercher à faire entrer un apprenti dans un moule professionnel.
Il devrait aussi prendre le temps de l'observer, de découvrir ses aptitudes naturelles, de reconnaître ses points forts et de l'aider à développer ce qu'il porte déjà en lui.
Car former, ce n'est pas simplement transmettre des connaissances ou des gestes techniques.
C'est aussi permettre à une personne de découvrir ce pour quoi elle est douée et de trouver sa place.
Ne jugeons pas trop vite les jeunes qui rencontrent des difficultés
Ce n'est pas parce qu'un jeune ne réussit pas là où nous l'attendons qu'il est dépourvu de talent. Peut-être n'avons-nous simplement pas encore découvert le domaine dans lequel il pourra s'épanouir.
Dans le corps humain, chaque membre compte. Dans notre société aussi, chaque personne a quelque chose à apporter.
Notre responsabilité n'est donc pas seulement de former des travailleurs productifs, mais aussi d'accompagner des êtres humains pour qu'ils puissent développer leurs capacités et mettre leurs talents au service des autres.
Une société qui sait reconnaître et développer les talents de sa jeunesse est une société qui prépare véritablement son avenir.
Former des disciples devrait être la mission incontournable de l'Église
« Allez, faites de toutes les nations des disciples » — Matthieu 28:19
Une conversion est un commencement, pas un aboutissement.
Il y a une différence fondamentale entre annoncer l'Évangile et accompagner une personne pour qu'elle grandisse dans la foi. Les deux sont indispensables.
Jésus ne s'est pas contenté de prêcher aux foules. Il a consacré du temps à ses disciples. Il les a enseignés, accompagnés, corrigés et encouragés.
Faire des disciples, ce n'est pas seulement transmettre un message. C'est prendre le temps de former des hommes et des femmes qui pourront, à leur tour, transmettre ce qu'ils ont reçu.
Former demande du temps et de la patience
Nous vivons dans une société qui veut des résultats immédiats. Cette mentalité peut aussi influencer nos Églises.
Nous voulons voir des conversions, des baptêmes et des engagements. Mais prenons-nous suffisamment le temps d'accompagner les nouveaux croyants ?
Un disciple ne se forme pas en quelques réunions.
Il a besoin d'être enseigné, écouté, encouragé et accompagné dans ses difficultés.
À quoi sert de multiplier les activités si nous ne prenons plus le temps de former des disciples ?
Patrice Pasteur
Ajouter un commentaire
Commentaires